Centre d'études et de recherches en arts platiques

Présentation

Les films d’Estelle Artus présentent la plupart du temps des situations qui subitement deviennent improbables alors même qu’elles s’amorcent dans un contexte banal : une jeune femme se met sans raison à danser dans un couloir d’hôtel à Séoul (I love Korea and Korea loves me) avant de s’effondrer au sol ; un homme entre par erreur dans les toilettes pour dames et, contre toute attente, y rencontre la femme de sa vie (Where it clicks) ; un couple s’embrasse dans une voiture mais chacun croit voir son conjoint dans la voiture d’à côté (Ring road) ; ou encore un groupe de mauvais garçons joue une partie de poker qui brusquement dégénère et pas exactement comme on pourrait l’imaginer (Domestic Underground). À sa manière chaque film présente ainsi des actes au-delà de toute logique tout en s’obstinant à vouloir être cohérent.
Dans l’ensemble de cette œuvre l’espace est également traité comme un puzzle dont les pièces provenant de monde divers s’accorderaient néanmoins. Dans son film intitulé My City Estelle Artus fusionne au sein d’une même histoire des vues de New York et de Paris de telle sorte que le spectateur croit avoir affaire à une seule et même ville. Dans Ring Road on ne sait pas si l’on assiste à deux histoires parallèles ou à deux instants simultanés. Dans I love Korea and Korea loves me un homme surgit de nulle part et fait disparaître les corps de l’écran. Enfin, dans Domestic Underground il y a le monde du haut (la partie de poker) et le monde du bas (le parking souterrain) : deux univers qui ne se rejoignent jamais mais qui communiquent en permanence par des biais inattendus. Il y a donc toujours un monde pour répondre à un autre, une porte qui s’ouvre, un renversement de perspective qui déstabilise le spectateur pour mieux le remettre sur ses pieds l’instant d’après, et dans ce perpétuel balancement la pensée et l’imagination sont entraînés comme dans une danse.

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