Centre d'études et de recherches en arts platiques

Elisabeth Amblard

présentation

Que décidons, que tramons-nous avant de peindre, de dessiner ou de photographier ? Difficile d’y répondre quand il semble que l’impulsivité soit au départ de recherches plastiques, impulsivité conjuguée peut-être à une certaine gratuité – celle que G. Bachelard situe « au fond de nous-même » où elle « a un sens si clair » [1] . Je choisis le caprice, pour sa propension à exprimer l’ambiguïté. La versatilité, l’inconstance voire l’inconsistance le définissent a priori, alors par quel endroit le saisir ? Le caprice serait-il un défaut ? Faudrait-il alors y remédier ? Caprice, mot à la saveur de l’enfance, au goût de féminité, de genre masculin pourtant ; il appartient aussi au lexique artistique, pictural, musical. Avec le caprice, je m’intéresse à ce qui, de prime abord, paraît suspect (ou mineur) : le féminin, l’enfantin, l’humeur, cela non dans une volonté de réhabilitation (et la part belliqueuse que, peut-être, elle induit) mais par curiosité intuitive, par appétence. Je veux faire du caprice mon objet alors que le caprice est celui dont la raison échappe. Le caprice est joueur. Entrons dans le jeu.
Je prends la liberté de pouvoir considérer le caprice comme un état, une action ou une forme. Le caprice semble agir spontanément et de manière imprévisible. On ne peut donc se représenter à l’avance quel va être son mouvement, on ne le peut pré-voir.
Il participe de la possible naissance d’une activité artistique, une activité artistique de la sorte décrite par P.-A. Michaud : « à la manière d’une poussée tellurique, la ligne naît d’une secousse : pour la capter, le sujet doit développer des techniques d’inattention à soi. » [2] D’un point de vue général voilà annoncées les diverses incidences entre la vie, les sensations qu’elle génère et le dessin. Plus précisément encore en certains cas, comment ce dernier naît en la ligne. Alors il est question du tracé, de son développement, des conditions de sa saisie. Au cœur du caprice il semble que se mêlent et se démêlent des rapports de tension et d’inattention. Tout ceci envoie vers des questions relatives à l’émergence et au devenir du caprice.

[1] Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant, Paris, Stock, 1931, p. 19.

[2] Philippe-Alain Michaud, catalogue de l’exposition Comme le rêve le dessin, Centre Pompidou, 16 février-16 mai 2005, Paris, éd. Centre Pompidou / éd. du Louvre, p. 48.

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