Centre d'études et de recherches en arts platiques
image_artiste

Eric Rondepierre

Présentation

Artiste plasticien, né en 1950 ; vit et travaille à Paris

Eric Rondepierre, d’abord comédien, se dirige ensuite – via la peinture – vers un travail photographique lié au cinéma. Son activité artistique joue sur les rapports dynamiques qu’entretiennent ses deux pratiques. Elle comprend à la fois un travail photographique qui a fait l’objet de multiples expositions en France et à l’étranger depuis le début des années 90, et un travail d’écriture, qui, mené simultanément, a donné lieu à des textes théoriques ou fictionnels.

Comme le suggère le titre de son dernier livre (« La Nuit cinéma », Seuil, 2005, coll. Fiction & Cie), la part « aveugle » du film est à la source de la plupart de ses œuvres photographiques. Son intervention consiste à choisir, selon des critères bien définis, puis à extraire des photogrammes, c’est-à-dire des images qui apparaissent sur l’écran 1/24ème de seconde et qui sont totalement invisibles lors d’une projection normale, pour ensuite les proposer sous la forme de tirages grand format. Cette économie de l’image, souvent qualifiée de « conceptuelle », mobilise plusieurs registres (texte, peinture, cinéma, photographie) avec une rigueur qui n’excluent pas l’étrangeté et l’humour.

Un livre collectif et rétrospectif lui a été consacré aux éditions Léo Scheer en 2003 (textes de Pierre Guyotat, Daniel Arasse, Denys Riout, Hubert Damisch, Marie-José Mondzain,…) ainsi qu’un essai de Thierry Lenain (« Eric Rondepierre, un art de la décomposition »), éditions La Lettre volée, Bruxelles, 1999.

Ses photographies figurent dans les collections publiques françaises (Maison Européenne de la photographie, Fonds National d’Art Contemporain, Cinémathèque Française, Centre Pompidou…) et internationales (MoMA de New-York, LACMA de Los Angeles, Houston Fine Art Museum…).

L’œuvre d’Eric Rondepierre se décline en séries :

- « Excédents », 1989-97 : il s’agit d’images noires captées dans des films étrangers sous-titrés, qui pour la plupart auraient été ajoutées au moment de la restauration de copies détériorées, afin de conserver le synchronisme du son et de l’image.

- Les « Annonces » (1991-93) donnent à voir l’instant où, dans un mouvement très rapide, les lettres des génériques et des slogans publicitaires des bandes-annonces ne sont pas encore lisibles et viennent maculer l’image en se formant.

- « Précis de décomposition », « Moires », « Les Trente étreintes », 1993-1998 : Eric Rondepierre extrait des images de films anonymes du début du siècle, corrodées par le temps, l’humidité, le stockage : les traces de détérioration s’intègrent à l’image et lui donnent une atmosphère oppressante et onirique.

- Avec « Stances » 1996-98, Eric Rondepierre prend des photographies à travers la vitre d’un train et introduit cette répartition duelle que l’on retrouve dans les séries suivantes : « Suites » « Diptykas » et « Moins X » (1999-2003) : Il s’agit d’un arrêt, non pas sur l’image, mais entre deux images de film. Ce qui divise nécessairement l’œuvre en deux parties inversées.

« Loupes / Dormeurs » (1999-2002). Dans cette série, l’artiste se fait plus immédiatement l’« auteur » d’images plus complexes, qui ne sont plus extraites de film. On y voit ses mains au travail, à travers une loupe. Le cinéma y est toutefois présent, comme thème (un morceau de pellicule par exemple), et les images sont composées avec le corps de ses propres textes (ici, une fiction de 156 000 signes) qui sert à la pixellisation de l’image. Chaque photo est un livre, chaque livre, une photo, selon la place du regardeur.

Dans de récentes travaux (2002-2204), l’artiste semble s’éloigner du septième art. « Hypothèses », néanmoins, reprend la structure des « Suites », les « Agendas » celles des « Loupe/Dormeurs », et les « Doubliners » introduisent un nouvel élément : le dessin (dés 1991, certaines « Annonces » introduisaient le geste du peintre).

Enfin, « Parties Communes » (2007) utilise des images cinématographiques mais les fait entrer en relation avec des photos (de « lieux communs ») prises par l’artiste. Cette tension entre deux temps et deux médiums (la photo couleur contemporaine et le photogramme de film noir et blanc ou camaïeux du début du XXe siècle) crée une image hybride fortement hallucinatoire.

galerie photos

conférences-interface

 

© cérap - Tous droits réservés | plan du site | flux rss | contact | crédits