Centre d'études et de recherches en arts platiques
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Ce site met à la disposition de chacun l’ensemble des informations associant les membres de l’équipe à la communauté nationale et internationale des chercheurs en arts plastiques. Actualités, appels à projets, expositions, publications, informations pratiques et archives peuvent être consultés librement. Le site propose aussi de nombreux liens avec nos différents partenaires.

Le Centre d’Études et de Recherches en Arts Plastiques (CÉRAP, équipe d’accueil 24 79, dotée par le Ministère de tutelle) a donc pour vocation de susciter et de coordonner les recherche-créations en arts plastiques. Sont concernés par les activités du CÉRAP : les étudiants parvenus en deuxième année de Master, les doctorants préparant une thèse portant la mention « arts plastiques », les enseignants et chercheurs de l’UFR d’Arts Plastiques et Sciences de l’art ayant une pratique personnelle de l’art, les titulaires d’un diplôme du Ministère de la culture ou d’un diplôme d’artiste étranger.

Le CÉRAP se veut en prise directe avec la création artistique d’aujourd’hui et y prend une part active depuis plus de dix ans. Si sa raison d’être est à la fois la création et la recherche en arts plastiques à l’université, il s’agit d’y frotter les pratiques artistiques singulières aux modes d’apparition des événements les plus questionnants du monde contemporain. Donc, de convoquer à la fois la disponibilité du créateur et la vigilance du chercheur. Ainsi, le CÉRAP se préoccupe t-il des relations complexes entre les sciences et les arts (« L’art contemporain au risque du clonage », 2002), mais aussi de questions sociétales (« Qu’est-ce que l’art domestique », 2003, « L’art a-t-il tous les droits ? », 2004), ou encore de problématiques plus plasticiennes (« le dessin hors papier », 2005). Avec le Laboratoire d’Esthétique Théorique et Appliquée, LETA-CRE, (dirigé par Marc Jimenez) et de nombreux partenaires extérieurs, nous réalisons pour 2007-2008, un programme ambitieux intitulé « Création et prospective, l’art et le défi techno-scientifique et la création à l’épreuve des risques majeurs ».

Tous les chercheurs du CÉRAP ont eu la possibilité d’exposer, de communiquer lors des colloques organisés par les différents programmes de recherche de leur unité. La revue Plastik (4 numéros parus aux Publications de la Sorbonne) et la collection « Arts et Monde contemporain » (6 titres parus) constituent des outils de publication « transversaux », à la disposition de chaque équipe.

En arts plastiques, toutes les lignes de recherche demeurent en prise directe avec la création artistique d’aujourd’hui et y prennent part de façon active. D’un point de vue méthodologique, une attention soutenue a été portée à l’entrecroisement de la recherche en tant que production de savoirs sur la discipline, la création comme instauration d’œuvres et l’ensemble des domaines investis par l’art contemporain.

En France, le CÉRAP collabore avec d’autres universités, avec plusieurs musées, des centres d’art, de nombreuses galeries d’art contemporain, des écoles d’art, etc..
Les échanges internationaux sont nombreux et bilatéraux, dans le cadre des conventions avec les universités Tunis 1 (Tunisie), Université Nationale de Séoul (Corée du sud), Université Dong-A, Pusan (Corée du Sud), Université catholique de Santiago (Chili) et Sichuan Fine Arts Institute (Chine).






la recherche en arts platiques

En quel sens l’artiste pourrait-il donc être considéré comme chercheur ? Probablement dans celui d’une collecte et d’une quête méthodique aptes à fonder ou enrichir l’élaboration d’œuvres (études, esquisses, réflexions théoriques), d’une préparation expérimentale associée à un projet. Mais c’est justement pour les artistes qui mettent l’accent sur le processus que s’emploie le plus souvent aujourd’hui ce terme de "recherche", qui devient presque synonyme d’expérience. Il y a donc très vite amalgame entre procédure de recherche et processus créateur, qui peuvent opérer comme la chaîne et la trame d’une même œuvre. C’est justement l’un des buts que s’est fixé l’étude des conduites créatrices : démêler ce qui, dans l’œuvre en cours, concerne une posture de recherche (à visée cognitive) et une posture créatrice (à visée singularisante). Par exemple, les savoirs techniques, les observations autocritiques ou les documents iconographiques et historiographiques rassemblés par l’artiste au travail, peuvent apporter des connaissances supplémentaires susceptibles de faire progresser, non pas la création en tant que telle de cet artiste, mais les savoirs et savoirs-faire qui en sont les ingrédients nécessaires et dont l’artiste peut faire partager l’expérience et même généraliser les résultats.

L’idée d’une recherche sur les arts plastiques ne pose pas de problème particulier. En effet, les arts plastiques sont un objet d’étude, un champ d’investigation comme un autre. En revanche, il est beaucoup plus périlleux de parler de recherche en arts plastiques. S’agit-il d’une recherche sur soi-même ? Auquel cas il faudrait parler de psychologie de la création. S’agit-il d’une recherche sur la signification de nos propres œuvres ? Sommes-nous les mieux placés pour en analyser les ressorts ?

Réciproquement, tout artiste-créateur est habité par un esprit de recherche et travaille de façon concomitante et indissociable dans le sensible et le cognitif. Peut-être, la nuance se situe-t-elle au niveau du chercheur-plasticien qui questionne la dissociation du faire et de l’analyse du faire à des fins extérieures à son œuvre propre, à des fins de généralisation scientifique cumulative. A ce point, nous entrons dans le problème des conditions de possibilité d’une auto-poïétique des arts plastiques.

En fait, ce ne sont pas les œuvres qui constituent la recherche, au sens que je m’efforce de donner à cette notion, mais la conscience des rapports qui s’accomplissent en elles, quand j’en éprouve l’existence. En témoignant de ces rapports, en étudiant la dynamique ou l’inertie de leurs effets, en laissant la création produire un savoir en dehors de l’œuvre, il est possible de rassembler sur la relation au pictural, par exemple, un certain nombre de connaissances dont on peut au moins constater l’occurrence statistique. Il ne s’agit pas de règles techniques ou formelles, mais de la connaissance anthropologique d’un enchaînement d’actes dans ses rapports avec la "cause matérielle" et la "cause formelle". Qu’y a-t-il de généralisable dans l’opération matérielle et symbolique du faire plastique ? En même temps, qu’y a-t-il de spécifique ?

Création et recherche

À l’Université Paris I, la mise en œuvre plastique se conçoit comme inséparable d’une réflexion écrite qui en étudie les conditions d’élaboration et les enjeux théoriques et artistiques. Faire une thèse en arts plastiques nécessite donc toujours une double position, de portée équivalente, dont les objectifs ne se confondent pas. Une position de création et une position de recherche.
Cruciale dans le dispositif de la thèse, l’attitude créatrice conduit à l’existence d’objets singuliers dont la matérialité toujours en tension avec le corps, travaille le sensible de l’esprit humain sans renoncer à en approcher les concepts.
La posture de recherche en arts plastiques, à travers l’expérience du trajet créateur, vise à l’accroissement et à la précision de savoirs, transmissibles et validables, apportant un gain cognitif pour la discipline.

Finalités de la thèse

Le but de la thèse en arts plastiques sera donc d’affirmer une pratique personnelle, avec le double souci de son instauration artistique et de l’analyse des questionnements qu’elle suscite et problématise.
Par la maturation de sa propre pratique, l’étudiant devra construire une hypothèse pour conférer aux formes en devenir une fonction conceptuelle, et énoncer l’état d’une réflexion rigoureuse utile à la recherche dans le champ disciplinaire.
Cet objectif se réalise par l’écriture d’un texte dont il faudra chaque fois réinventer la formalisation (puisque comprenant la reproduction et l’analyse d’œuvres personnelles), mais qui devra aussi répondre simultanément aux exigences de méthode, de documentation et de résultat qui font l’intérêt et l’efficacité de la recherche à l’université.

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